Reportages

Migration des rennes en mai – Norvège

Sápmi

Sur le toit de l’Europe

Le Sápmi (la Laponie) est un territoire aussi vaste que la France couvrant les régions septentrionales de la Norvège, de la Suède, et de la Finlande, mais aussi la péninsule de Kola au nord ouest de la Russie. Les Sâmes (ou Samis), descendants des Samoyèdes arrivés de l’Altaï il y a 8.000 ans environ à la faveur de la déglaciation, représentent la minorité ethnique la plus ancienne des pays nordiques. On en dénombrerait 50.000, majoritairement en Norvège, et seulement 10% à 20% d’entre eux perpétueraient l’élevage du renne. Si cette activité est devenue intensive et capitalistique pour des raisons économiques, elle reste encore rythmée par des moments immuables et intemporels dictées par le cycle du renne: la migration de printemps qui en Norvège mène les bêtes depuis les pâturages d’hiver dans la vidda à ceux d’été au nord, sur les îles loin du fléau des moustiques dans la toundra en été.

Fêtes de Pâques à Kautokeino – Norvège

Capture des rennes de trait – Yamal, Sibérie

Sous le tchoum – Yamal, Sibérie

Sibérie occidentale

Dans la toundra avec les Nénètses

Dans la péninsule de Yamal, territoire grand comme 1/5 de la France situé au nord du cercle polaire et à l’est de l’Oural, les Nénètses (ou Nenets) pratiquent encore l’élevage traditionnel des rennes. Ils appartiennent aux 26 « petits peuples du nord » définis en 1917 lors de la révolution et en constituent le groupe le plus important avec 34.000 individus. Ils ne seraient plus que 4.500 éleveurs-nomades à sillonner toute l’année la péninsule de Yamal, guidés par la quête permanente de pâturages pour les rennes. A Bovanenkovo dans la zone de pacages d’été, l’exploitation des plus grandes réserves de gaz au monde a récemment commencé. L’édification des infrastructures autour de ce site (base de vie, voie ferrée, aéroport, port en eau profonde, etc…) sur fond de changement climatique menace gravement la perpétuation de cette activité séculaire et risque d’aboutir à la lente extinction de ce peuple, comme cela s’est déjà produit avec les Inuits d’Alaska.

Vue du monastère Pokrovsky un matin d’hiver – Souzdal

Russie centrale

Aux environs de Vladimir

Située à près de 200 km à l’est de Moscou, Vladimir est l’une des splendides cités princières jalonnant « l’Anneau d’or », appellation créée dans les années 60 par les autorités soviétiques pour imaginer un parcours touristique qui illustrerait la Russie profonde pour les étrangers. Le voyageur peut en effet découvrir dans ces cités médiévales des kremlins, des forteresses, des cathédrales, des monastères, etc…, édifiés par des princes qui voulaient affirmer leur puissance, leur richesse et leur ferveur religieuse. Ces vestiges historiques, souvent malmenés par les guerres et la révolution, ont été pour la plupart restaurés à partir des années 60 et appartiennent dorénavant au patrimoine mondial de l’UNESCO. Vladimir fut fondée au XIème siècle par Vladimir II Monomaque et devint la capitale de la Russie jusqu’au déferlement des Mongols au XIIIème siècle. 

Procession de Pâques – Vladimir

Port de Madalena – Ile de Pico

Procession à Ribeira Grande – Ile de San Miguel

Açores

Une oasis au coeur de l’Atlantique

Quelques confettis dispersés au milieu de l’atlantique nord découverts par les Portugais en 1427. Par sa position géographique unique, cet archipel de 9 îles est devenu un escale incontournable pour tout navigateur s’attaquant à la traversée de l’océan, Christophe Collomb y séjournant même lors du retour de sa première expédition au Nouveau Monde. Jusqu’à l’apparition des premiers jets dans les années 60, les avions assurant les liaisons transatlantiques devaient aussi ravitailler aux Açores faute d’autonomie suffisante. Ces îles volcaniques se sont vidées au cours des années de leurs habitants partis émigrer sur le continent nord américain pour échapper à la misère. Grâce à la douce influence du Gulf Stream, chaque île bénéficie d’un microclimat qui lui permet de se distinguer des autres en termes de flore: les plus montagneuses hébergent des conifères en altitude quand d’autres produisent des ananas voire du thé.